Rencontre avec Déborah PL, photographe poétique

© Sophie Delachoue

C’est au cours d’un shooting d’inspiration que j’ai croisé Déborah PL pour la première fois. Son style intemporel et sa vision poétique m’ont tout de suite charmée. Ses photos dégagent une atmosphère unique, oscillant entre la nostalgie et la douceur de l’instant. Parce que derrière la beauté de chaque image se cache une âme d’artiste, je suis partie à sa rencontre pour vous présenter son travail, sa vision et son parcours. Portrait d’une photographe de mariage à l’âme intemporelle.

Déborah, tu es photographe de mariage depuis 4 ans, mais avant cela tu étais professeure de français. Comment es-tu passée de l’un à l’autre ?

À côté de mon parcours littéraire, j’ai toujours pratiqué la photographie en amateur. Néanmoins, l’élément déclencheur a été le Covid (comme pour beaucoup), mais surtout ma seconde grossesse. Puis, j’ai photographié le mariage d’un couple d’amis pour leur rendre service. Par le bouche-à-oreille des proches, j’ai reçu ma première demande de devis (alors que je n’en cherchais absolument pas). J’ai eu du mal à y croire : je n’étais pas une professionnelle, mais eux me considéraient comme telle. Je me suis dit que je tenais peut-être quelque chose.

Cependant, je ne voulais pas me lancer sans bagages. Je me suis donc formée, j’ai assisté à des workshops et j’avais une grande soif d’apprendre. Puis, en 2022, j’ai quitté mon poste d’enseignante et je me suis lancée pleinement en tant que photographe de mariage.

Justement, pourquoi la photographie de mariage ?

Ce que j’aime dans la photographie, c’est laisser une trace dans la vie des gens, proposer un travail intemporel qui me survivra. Nous avons tous quelque part une photo de mariage de nos grands-parents ou arrière-grands-parents. Ces images se transmettent, s’exposent dans les salons et sont aussi remises à l’honneur le jour de notre propre mariage. J’aime me dire que mon travail a un sens dans la vie des gens.

J’aime également énormément les émotions vives de cette journée si particulière. Comme un auteur avec un livre, la photographie est faite d’intentions. On peut l’interpréter différemment selon la manière dont on a vécu la journée. J’aime offrir une trace de ces souvenirs personnels.

Tu définis la photographie comme “la poésie de l’âme”. Peux-tu nous expliquer ce que cela signifie pour toi ?

Pour moi, la photographie ne consiste pas uniquement à capturer le beau, mais surtout à capter l’invisible. Par exemple, l’un de mes moments favoris est la montée de l’allée nuptiale du marié au bras de sa maman. C’est une belle métaphore du garçon qui arrive, grandit, s’épanouit auprès de sa mère, puis à qui elle lâche la main pour le laisser seul devant l’autel. Pendant ce bref instant, j’immortalise les regards, les gestes, les mains. Ce sont des moments très intenses et porteurs de sens.

Quelle est ton approche photographique pendant les mariages ? 

J’aime être discrète. Pour moi, je dois disparaître, faire oublier ma présence afin de capter l’émotion sans que les gens se figent.

Ensuite, je suis très organisée. Une planification précise du jour J me permet de rester concentrée et de ne pas perdre mon énergie sur des problématiques logistiques qui peuvent faire perdre un temps colossal. Ce planning, je le réfléchis plusieurs semaines avant le mariage et je le conçois sur mesure, en fonction des envies des mariés. Je n’ai jamais deux samedis identiques.

Enfin, j’aime entretenir une belle relation avec les mariés. On se rencontre pendant les deux années de préparatifs, on apprend à se connaître. J’apprends leur histoire et celle de leurs familles afin d’éviter certaines situations parfois délicates.

Quelle est, pour toi, une photo de mariage réussie ?

Pour obtenir une belle photo, il faut, à mon sens, plusieurs éléments : un beau cadrage, une belle lumière, un beau lieu et, enfin, une émotion vive et fugace. Ces moments “passage éclair” dont on ne se souvient plus, que l’on a parfois à peine remarqués le jour J, et qui sont pourtant bien présents. Ravivés et inscrits dans la mémoire grâce à la photographie.

Qu’est-ce qui t’inspire le plus dans ton travail ?

Je m’inspire beaucoup de la photographie de mode pour étudier la composition, la lumière, les tons chauds et froids. Je m’inspire aussi énormément des photos du quotidien. J’ai photographié tout mon intérieur, mes enfants également, par peur d’oublier. Cela me permet aussi de m’entraîner en permanence.

Quel est ton moment favori le jour du mariage ?

J’adore le first look, la découverte des mariés. J’aime aussi la séance couple, car c’est à ce moment-là que ma créativité est sollicitée au maximum.

À l’inverse, je ne prends aucune photo lors des moments tristes (comme un hommage à une personne disparue). Pour moi, photographier ces instants de vulnérabilité s’apparente à du voyeurisme. Et lorsque je livre mes photos, je veux que les mariés ne se souviennent que des bons moments.

Qu’est-ce qui pourrait te faire verser une larme le jour d’un mariage ?

Clairement, lorsque les enfants du couple font un discours pour leurs parents. Je suis moi-même maman, je fais forcément une projection avec mes propres enfants. C’est mon cœur de mère qui est touché.

Comment se passe une collaboration avec toi ?

D’abord, on se rencontre. En personne, c’est l’idéal, mais comme je suis basée près d’Angers et que la majorité de mes mariés viennent de Paris ou de l’étranger, nous faisons souvent des visios.

Si nous travaillons ensemble, je crée un groupe WhatsApp pour être facilement joignable et permettre aux mariés de me transmettre leurs inspirations photos. Nous fixons ensuite plusieurs rendez-vous afin d’établir le planning de la journée. Je leur remets également un magazine que j’ai conçu : une petite “bible” regroupant tout ce qu’il faut savoir pour créer de belles photos. Cela va de la manière de positionner les doigts lors de l’échange des alliances à des tutoriels pour nouer un nœud papillon.

Une semaine avant le mariage, je passe en mode “full dispo”. Je suis là pour rassurer les mariés et les aider à évacuer leur stress. J’aime apporter une dimension humaine à mon accompagnement. Le jour J, j’endosse souvent le rôle de “petite maman” : j’ai toujours sur moi des mouchoirs et un kit de couture. J’adore les accompagner et les chouchouter.

Quelles sont les 5 choses que tu aimes le plus dans la vie ?

  • Mon mari : il me soutient, c’est mon pilier. Sans lui, je n’aurais probablement jamais osé me lancer.
  • Mes enfants et ma famille : la naissance de mon premier enfant a éveillé en moi une nouvelle sensibilité, celle de vouloir conserver les souvenirs et les instants.
  • La lecture : elle m’offre une véritable évasion, j’aime les aventures épiques.
  • Les voyages : je me nourris des cultures et des architectures différentes.
  • La cuisine : j’ai ce petit côté “trad wife”. J’aime prendre soin de ma famille et créer un foyer chaleureux en préparant des goûters et des plats. De plus, ranger la maison et entretenir mon intérieur m’apaisent : c’est mon remède anti-anxiété.

Et les 5 choses que tu adores dans ton travail de photographe ?

  • L’intemporalité : créer une œuvre qui me survivra.
  • L’adrénaline des mariages, l’énergie du jour J.
  • La reconnaissance : c’est un métier dans lequel je me sens valorisée. Je me sens incroyablement privilégiée d’avoir été choisie par les mariés.
  • La créativité : nous œuvrons à rendre le réel plus extraordinaire, comme des magiciens.

Quel serait le type de mariage que tu rêves un jour de pouvoir photographier ?

Il y a deux types de mariages que j’aimerais photographier. Le premier serait un mariage intime, dans une maison de famille remplie de souvenirs et d’histoire. Le second serait un mariage grandiose et éblouissant, dans un très beau château. Dans les deux cas, un mariage qui ait une âme.

Peut-on encore travailler avec toi en 2026 ?

Je n’accompagne que 15 couples par an, car j’aime m’investir à 100 %. La saison 2026 est donc déjà complète. Le mieux est de me contacter entre un an et un an et demi avant votre mariage. Mon agenda 2027 est ouvert !

Où es-tu basée et jusqu’où te déplaces-tu ? English speaking?

Je vis à Cholet, entre Angers et Nantes, mais je me déplace partout en France. Je parle anglais, donc si un couple étranger souhaite se marier dans l’un de nos magnifiques châteaux de la Loire, n’hésitez pas à me contacter !

La Sélection du Carnet d’Adresses

Pour la beauté de son travail et sa sensibilité, Déborah PL rejoint les pépites du carnet d’adresses du blog.

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Déborah PL

Photographe

Cet article permet au blog de continuer de vivre.

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